jeudi 31 mai

Aujourd’hui, nous avons joué. Nous nous sommes retrouvés dans le même lieu que lundi, les oreillers toujours là, comme des cailloux.

Ils sont devenus une grande route, sur laquelle nous avons laissé notre corps rouler. Nous nous sommes faits emporter sur le chemin blanc par le mouvement circulaire du corps, les yeux fermés, sans plus penser à rien qu’à la douceur de cette grande étendue blanche. La route d’oreillers s’écrit au fur et à mesure qu’on l’emprunte, et pendant un instant, on peut espérer qu’elle ne finira jamais. Mais si on ouvre les yeux, on aperçoit les mains besogneuses qui s’affairent pour la reconstruire à chaque roulis.

Ils ont été un nuage qui nous accompagne jusqu’à pouvoir dormir debout, un instant.

Ils ont été une bouée, une douce protection dans nos déséquilibres.

Nous avons laissé la logique et écrit des « définitions » du sommeil et de l’insomnie. En voici quelques extraits.

C.

Quand je dors mes jambes courent vers le haut du Mont Saint Michel.

Quand je ne dors pas mes épaules volent sur le lac.

S.

Quand je dors mon fessier est couché comme une plaine.

Quand je ne dors pas, mes jambes sautent sur l’île.

F.

Quand je ne dors pas mes mains escaladent le Mont Blanc.

Quand je ne dors pas mes oreilles entendent le chant des petits oiseaux.

 

Y.

Quand je dors s’étirent mes bras sur la plage.

Quand je ne dors pas ma tête saute de branches en branches.

 

O.

Quand je dors mon visage bouge dans la forêt.

Quand je ne dors pas mes pieds courent à la campagne.

 

S.

Quand je dors mes jambes dansent à la montagne.

Quand je ne dors pas mes pieds marchent dans la forêt.

 

A.

Quand je dors mes mains attrapent le ciel.

Quand je ne dors pas mes mains chantent sur mon rocher.

 

C.

Quand je dors ma tête marche sur la mer.

Quand je ne dors pas mes pieds courent sur le bateau.

 

E.

Quand je dors mes bras se secouent sous la mer.

Quand je ne dors pas mes jambes se roulent par terre dans les sables mouvants.

 

H.

Quand je dors mes épaules prennent la barrière de corail.

Quand je ne dors pas mes mollets parlent à Vauban.

 

S.

Quand je dors ma tête pense dans la forêt.

Quand je ne dors pas ma tête fait des cauchemars.

 

Y.

Quand je dors ma tête marche jusqu’à Saint-Malo.

Quand je ne dors pas mes yeux font du sport à Dol de Bretagne.

 

M.

Quand je dors ma tête crache dans la jungle.

Quand je ne dors pas mes épaules tombent à Sydney.

 

J.P

Quand je dors mon cerveau court dans la forêt.

Quand je ne dors pas ma main est à quatre pattes dans la neige.

Nous avons pris soin de soi et des autres membres du groupe avec bienveillance, douceur, et respect. Demain, nous serons tous ensemble.

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